Les salafs sont unanimes pour dire que la mécréance peut se produire par une croyance, un acte, une parole ou un doute. Les salafs étaient unanimes aussi pour dire que les hommes ne peuvent juger et considérer que les actes et paroles extérieurs des hommes, car seul Allah connait les croyances des c½urs, ceci est démontré par le Coran, la Sounnah et le consensus des érudits.
1. Les preuves du Coran :
Allah a dans de nombreux versets déclaré une ou plusieurs personnes mécréantes pour avoir prononcé une parole ou un acte (ou l'abandon d'un acte.)
1) Dans sourate Al Mâ'ida (sourate 5), Allah a rendu mécréant ceux qui prononcent de leur langue « Allah est le Messie fils de Marie » « Allah est le troisième de trois » :
Allah ta'âlâ dit :
« Ont certes mécru, ceux qui disent: «En vérité, Allah c'est le Messie, fils de Marie.» Verset 72
Et Il dit : « Ont certes mécru, ceux qui disent: «En vérité, Allah est le troisième de trois.» Verset 73
2) Allah témoigna de la mécréance de ceux qui se sont moqué du messager d'Allah 'alayhi salât wa salâm, et des compagnons, et ce malgré que ces gens affirmèrent avoir dit cela pour blaguer uniquement mais sans le croire dans leur c½ur, Allah dit dans sourate Tawba (sourate 9)
« 65. Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement: «Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer.» Dis: «Est-ce d'Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez?» 66. Ne vous excusez pas: vous avez bel et bien mécru après avoir eu la foi. Si Nous pardonnons à une partie des vôtres Nous en châtierons une autre pour avoir été des criminels. »
Ce verset fut révélé sur un groupe de musulmans, qui avaient une faible foi. Ils étaient à la bataille de Tabouk, et ils dirent aux sujet du messager d'Allah salla llahou 'alayhi wa sallam et des compagnons : « Par Allah, nous n'avons jamais vu des gens aussi goinfres, aussi menteurs et aussi lâches que nos lecteurs du Coran... »
Anas ibn Malik qu'Allah l'agrée témoigna de la scène, et il dit à celui qui proféra ces mots « Tu n'es qu'un hypocrite, je vais le dire au messager d'Allah. »
Mais lorsqu'il rencontra le messager, Allah avait déjà révélé la chose au messager d'Allah, et le verset fut révélé. L'hypocrite accouru et s'agrippa à la scelle du chameau du messager et ses pied traînaient par terre, et il ne faisait que dire « Nous plaisantions ! Nous plaisantions ! Nous voulions juste passé le temps ! Nous ne pensions pas cela ! » Et le messager d'Allah ne faisait que répéter «Est-ce d'Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez?» 66. Ne vous excusez pas: vous avez bel et bien mécru après avoir eu la foi.
Ibn Hazm a dit : « Allah a donc textuellement dit que le fait de se moquer d'Allah ou de Ses versets ou d'un de Ses messagers est une mécréance expulsant de la foi, et Il n'a pas dit « Et c'est parce que je sais qu'il y a de la mécréance dans vos c½urs » mais Il les déclara mécréant pour le seul fait de s'être moquer, et quiconque prétend autre que cela attribue à Allah ce qu'Il n'a pas dit et ment sur Allah. » Al Fisal fî al milal wal ahwâ'i wa an-Nihal » 3/244, 245
3) Allah a dit dans sourate An Nahl (16) :
« Quiconque a mécru en Allah après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son c½ur demeure plein de la sérénité de la foi - mais celui qui ouvre délibérément son c½ur à la mécréance ceux-là ont sur eux une colère d'Allah et ils ont un châtiment terrible. Il en est ainsi, parce qu'ils ont aimé la vie présente plus que l'au-delà. Et Allah, vraiment, ne guide pas les gens mécréants. » (versets 106-107 )
L'imâm Soulaymân Âl Cheykh dit dans son ouvrage « Ad-Dalâ'il » au sujet de ce verset :
« Allah a en effet juger d'un jugement inchangeable que quiconque revient de sa religion à la mécréance est alors un mécréant, et ceci qu'il l'ait fait par peur pour lui-même, pour l'argent ou la famille ou sans aucune peur, ou qu'il ait mécru dans sont c½ur, ou extérieurement uniquement sans mécroire dans son c½ur, qu'il ait mécru par ses actes et ses paroles, ou par un seul des deux, qu'il l'ait fait par envie d'une chose mondaine qu'il obtiendrait des idolâtres ou autres, quoi qu'il en soit c'est un mécréant sauf celui qui est contraint.
Le contraint signifie dans notre langue : Celui qui est forcé. Lorsqu'on contraint un homme a la mécréance en lui disant : « Abjure, sinon nous te tuerons, ou nous te frapperons. »
Ou alors que les idolâtres s'emparent de lui et le frappent, et qu'il ne lui est pas possible de se libérer d'eux sans faire semblant d'accepter la mécréance, dans ce cas il lui sera permis de leur montrer de l'accord en l'apparence, mais à condition que son c½ur soit serin sur la foi, c'est-à-dire : affirmé sur la foi, convaincu d'elle.
Abou Mouhammad Al Maqdissî nous donne les conditions de la contrainte de la manière suivante : « La contrainte n'est prise en compte que si les conditions suivantes sont remplies :
- Que l'ennemi soit capable de mettre à exécution sa menace, et que la victime soit incapable de se défendre, même par la fuite.
- Que la victime craigne que les chances d'exécution de la menace soient majoritaires.
- Que la victime ne fasse pas plus que ce qui lui est demandé, en faisant ou disant une chose en plus que ce qu'on lui demande, alors qu'il lui était possible de ne pas le faire.
- Que le châtiment qui menace la victime lorsqu'on le contraint à prononcer la parole de mécréance soit insupportable, comme la mutilation de membres du corps, ou d'être brûlé par le feu, ou d'être tué ou autre...Car la cause de la révélation des versets sur la contrainte fut l'histoire de 'Ammâr : il n'a dit ce qu'il a dit qu'après que ses parents aient été tués et que ses cotes à lui furent brisée, et qu'il fut durement torturé pour Allah.
- Que la victime re-manifeste son islam dès que la contrainte cesse. S'il manifeste l'islam alors il demeurera sur l'islam, mais s'il continue à manifester la mécréance malgré que la contrainte ait cessée, il sera considéré comme un apostat depuis le moment où il montré la mécréance.
Les savants considèrent aussi que quand un homme est prisonnier des mécréants dans leur prison, et qu'il prononce la mécréance en état de peur, on ne le juge pas apostat. »
Voir l'épitre « At Tahzîr min al ghoulouw fî Takfîr »
Ibn Taymiya dit dans majmoû' al Fatâwâ 7/599 : « Quiconque tient des propos de mécréance sans y être contraint, il a ouvert délibérément son c½ur à la mécréance. »